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Le papier commercial: un rendement plus élevé sur vos excédents de trésorerie ?

Entretien avec Mary José Rodriguez, Associate Commercial Paper au département Financial Markets de Fortis Banque.

Le commercial paper est un titre de créance à court terme, au porteur, émis par une entreprise ou une instance publique.
Dans certains cas, il peut avantageusement se subsituer au dépôt à terme classique.
Le 'spread' est en effet plus important pour le commercial paper que pour les dépôts à terme.
Pour un dépôt à 1 mois, les banques paient généralement 4 à 5 points de base de moins que l'Euribor (le taux inter-banques).
Pour du commercial paper au même terme, le taux varie de 8 points de base au-dessous à 35 points au-dessus de l'Euribor.

Le commercial paper, un succès grandissant
Sur le marché européen, le commercial paper est un instrument financier relativement récent, mais son utilisation va croissant.
En raison du coût élevé des crédits à court terme, les entreprises et institutions sont de plus en plus nombreuses à vouloir recourir au commercial paper pour leurs besoins en financement à court terme.
Pour l'entreprise qui se finance, il présente la même commodité que le crédit bancaire et peut être émis au gré des besoins de l'émetteur ou de l'investisseur. Sa durée varie de quelques jours à un an.
 
Un moyen de financement souple
L'émission de commercial paper se fait dans le cadre d'un programme. Ce programme est organisé par un organisme financier, appelé "arranger". Le commercial paper est placé auprès des investisseurs par l'entremise d'organismes financiers, les "dealers".
Une fois le programme approuvé par les autorités compétentes, l'émetteur peut émettre des titres selon ses besoins. Ces titres sont appelés certificats de dépôt s'ils sont émis par une institution financière. Ils sont dénommés billets de trésorerie lorsqu'ils sont émis par une entreprise privée ou une instance publique.
Le placement des titres auprès des investisseurs est assuré 'on a best effort basis', c'est-à-dire sans engagement ferme de l'intermédiaire à tout vendre. Cela signifie que l'émetteur n'a aucune certitude quant au montant qui sera récolté, ni aux conditions applicables.
D'autre part, selon les échéances des précédents tirages, l'émetteur peut émettre de nouveaux titres. Les nouvelles émissions peuvent s'adapter facilement aux besoins de l'émetteur ou de l'investisseur. Néanmoins, le montant maximal du programme ne peut jamais être dépassé.

A taux élevé, risque élevé
Le commercial paper n'est pas dénué de tout risque. Même s'il est un titre de créance à court terme, le risque - faible - existe de voir l'émetteur incapable de remplir ses obligations et de rembourser.
Le commercial paper n'échappe pas à la règle 'Plus le rendement est élevé, plus le risque est élevé'. Une entreprise ou institution bénéficiant d'un rating élevé, et donc d'une crédibilité élevée, paiera moins d'intérêt qu'une autre ayant une notation inférieure ou n'ayant pas de notation du tout.

Un marché assez liquide
L'émetteur n'est pas le seul à bénéficier de la souplesse du commercial paper. Les organismes financiers ont organisé un marché secondaire de sorte que les titres se négocient assez aisément. L'investisseur peut donc facilement vendre ses billets de trésorerie et certificats de dépôt avant leur échéance.
C'est surtout vers la fin d'un trimestre que l'activité est grande car nombre d'entreprises ne peuvent avoir dans leurs livres de commercial paper sans rating.
Cela revient en outre moins cher de vendre du commercial paper avant terme que de 'débloquer' un dépôt à terme avant son échéance.
 
Le commercial paper est-il intéressant pour votre entreprise?
Les entreprises sont une peu nombreuses à utiliser le commercial paper comme instrument de gestion de leurs excédents de trésorerie. Sans doute l'ignorance des montants minimum explique-t-elle en partie le phénomène. Le nombre croissant de programmes de commercial paper pourrait toutefois faire diminuer le montant minimum.
Tout dépend de la politique interne de votre entreprise. Certaines entreprises n'ont d'yeux que pour le risque et n'achètent par exemple que du papier bénéficiant de la garantie de l'Etat. D'autres tentent de tirer parti de l'évolution des taux en répartissant leurs placements. Lorsque les taux sont en baisse, elles investissent partiellement à long terme et partiellement à très court terme. Si les taux sont en hausse, elles optent pour du commercial paper à très court terme.
Dans la pratique, il s'avère que les entreprises intéressées commencent souvent par s'essayer au papier sur garantie de l'Etat. Elles en achètent alors pour le montant minimum et pour la durée minimum.

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BM 2008