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Changement de génération dans une entreprise familiale : l’important est de s’y prendre à temps

Une entreprise familiale sur trois se transmet à la deuxième génération. Une sur dix à la troisième. Il n'est donc pas évident pour un chef d'entreprise de voir l'œuvre de sa vie se perpétuer au travers de ses enfants ou petits-enfants. Et pourtant, il n'y a là rien d'impossible : pourquoi vos enfants ne pourraient-ils pas prendre en charge le fruit de votre travail ? L'important est d'aborder la question honnêtement, rationnellement et - surtout - à temps.

Aucun chef d’entreprise n’aime envisager son départ alors qu’il est aux affaires à 100 %. S’il est à la tête d’une entreprise familiale, il a toutefois intérêt à s’y prendre à temps. C’est que l’inbrication des liens familiaux et professionnels peut parfois se révéler explosive.

Choisir le successeur potentiel avec soin
Pour désamorcer le problème, il vous faut examiner avec soin lequel de vos enfants est le plus apte à vous succéder. Idéalement, vous désignerez un successeur unique (femme ou homme) pour la bonne et simple raison qu’il n’y a pas de place pour deux capitaines (ou plus) sur le même navire.

Ne vous fiez pas à votre seul jugement. Demandez l’avis d’un observateur extérieur qui connaît bien votre société, tel que votre comptable ou un conseiller externe avec qui vous avez l’habitude de travailler. Votre successeur ne doit pas seulement posséder des talents de dirigeant. Quelques années d’expérience dans une autre entreprise lui donneront un regard neuf et renforceront sa crédibilité aux yeux de vos collaborateurs.

La famille et les affaires : un équilibre difficile à trouver

Ne donnez pas le sentiment à d’autres membres de votre famille – surtout s’ils travaillent depuis longtemps dans votre entreprise – qu’ils ont été lésés. Il est impératif pour la survie de votre entreprise que l’ensemble des membres de votre famille et de vos collaborateurs se rangent derrière votre successeur. C’est pourquoi il vous faut donner le temps à votre successeur de prendre ses marques et de faire la preuve de ses capacités « en interne ».

Il faut aussi que votre successeur en ait l’envie. Peut-être nourrit-il d’autres ambitions mais a-t-il le sentiment d’avoir une obligation à votre égard. Abordez la chose régulièrement avec lui. Ce faisant, vous connaîtrez l’avenir qu’il envisage pour votre société.

Ne soyez pas épouvanté si la vision du candidat à la succession est différente de la vôtre. C’est vous qui dirigez la société en ce moment. Mais – qui sait ? – peut-être votre successeur a-t-il le profil nécessaire pour faire évoluer l’entreprise. Un conseil pratique : parler affaires avec votre successeur dans les bureaux de l’entreprise, jamais à la maison. Vous réduirez ainsi les risques que l’aspect personnel ne l’emporte dans la discussion.

La transmission en chiffres
Une fois que vous aurez trouvé le bon successeur au sein de votre famille, les autres membres seront forcément exclus du rôle de dirigeant. Le chef d’entreprise que vous êtes n’y a rien à redire, mais, en tant que parent, vous tenez à traiter tous vos enfants sur un pied d’égalité. A cette fin, vous avez la possibilité de créer – par exemple dans le cadre d’un holding - deux types d’actions : des actions avec droit de vote pour votre successeur et des actions sans droit de vote (ou avec droit de vote restreint) pour les membres de votre famille qui ne font pas partie de la direction.

Il y a encore bien d’autres points à envisager. Transmettrez-vous les actions de la main à la main ou par vente, ou en combinant les deux possibilités ? La transmission de la main à la main est le mode le plus usité. Le danger est toutefois – si votre décès intervient avant qu’une période précise ne se soit écoulée après l’opération – que votre enfant ait à payer des droits de succession.

Souhaitez-vous conserver un certain contrôle ou des revenus après la transmission ? Dans ce cas, il vous suffit de transmettre la nue propriété des actions et d’en conserver l’usufruit.
Y a-t-il lieu de désintéresser certains de vos enfants ? Où trouver les moyens pour ce faire ? Il peut être intéressant que les enfants non actifs dans l’entreprise participent au financement de la transmission. Ils vendent leurs actions à votre successeur moyennant un paiement différé et obtiennent des intérêts à titre d’indemnité. Une formule de ce type peut prendre la forme, par exemple, d’un emprunt obligataire.

La lettre de la loi
Procéder avec la plus extrême prudence vous évitera bien des problèmes juridiques et fiscaux. Dans le cas d’une transmission de la main à la main, par exemple, il vous faut suivre scrupuleusement la lettre de la loi. Sinon, il n’est pas exclu que vos autres enfants soient en droit de contester cette transmission devant les tribunaux.

Si vous transférez certains investissements ou immeubles de votre entreprise à votre patrimoine privé avant la transmission, vous devrez pouvoir justifier chacune des étapes vis-à-vis du fisc. Il en va de même si vous retirez des liquidités de l’entreprise pour limiter la valeur des actions. A propos, saviez-vous qu’une assurance-groupe constitue un instrument fiscalement intéressant pour « alléger » votre entreprise ?

Les actions, donnent fréquemment lieu à discussion. Avec le fisc, certes, mais aussi entre les membres d’une même famille. Une détermination correcte de la valeur de votre entreprise est de nature à prévenir bien des tracas. Vis-à-vis de vos enfants, elle constitue un argument irréfutable, leur démontrant qu’ils sont traités sur le même pied d’un point de vue financier. Vis-à-vis du fisc, elle est une preuve que vous procédez à la transmission en toute transparence.

Parallèlement au choix et à la formation de votre successeur, vous avez tout intérêt à élaborer un scénario détaillé pour la transmission. L’avis de spécialistes n’est pas un luxe en la matière. La réussite de la transmission exige en effet une approche pluridisciplinaire : juridique, fiscale, comptable, financière, commerciale, sans oublier le doigté nécessaire pour désamorcer les situations de crise potentielles au sein de la famille.

Un interlocuteur unique
Le service Wealth Structuring de Fortis a ceci d’exceptionnel qu’il propose une approche pluridisciplinaire qui passe par un interlocuteur unique : votre Relationship Manager personnel. Cette approche met toute une équipe de spécialistes à votre disposition : avocats, experts fiscaux, experts en assurances, immobilier, succession, propriété intellectuelle, philanthropie. Ces spécialistes vous aideront à optimiser votre patrimoine – dont fait partie votre société –tant sur le plan juridique que fiscal. En fonction de votre situation personnelle et dans le respect rigoureux de la législation locale.

La transmission de votre entreprise fait partie de ces tâches. Les experts du Wealth Structuring tiennent compte à cet égard de vos souhaits précis. Par exemple le maintien de vos revenus ou un certain contrôle après la transmission de votre entreprise. Ou les possibilités de rendre la transmission plus supportable financièrement pour vos enfants, sans compromettre vos projets ou les liquidités de votre société.

Renseignez-vous à temps, une transmission bien préparée constitue la meilleure des garanties pour que votre entreprise se perpétue - de même que la bonne entente au sein de votre famille.