Rendement, risque, liquidité : comment placer au mieux vos excédents de trésorerie ? | |
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La majeure partie des entreprises semblent placer leurs excédents de caisse en dépôts à terme. Le 'commercial paper' et les produits structurés offrent souvent un rendement meilleur ou peuvent intervenir dans la gestion du risque de l'entreprise.
Vu leur horizon à long terme, les placements en actions ne sont pas pris en considération.
Entretien avec Jos Dekeukeleire, Chef du département Financial Markets Belgium chez Fortis Banque.
Placer des excédents de caisse fait partie de la gestion de trésorerie de chaque entreprise. Ces placements doivent permettre :
- d'assurer une liquidité et un rendement suffisants
- de réduire les charges financières
- de recourir aux produits financiers appropriés
- de limiter les risques.
Placer en dépôts à terme
La pratique montre que la plupart des entreprises placent leurs excédents de caisse en dépôts à terme classiques.
Un dépôt à terme est un instrument simple et transparent pour placer des fonds en euros ou en devise, à court ou à moyen terme, et à un taux honorable. Pour les dépôts en monnaie étrangère, il faut cependant tenir compte des fluctuations des taux de change.
La durée d'un dépôt à terme varie de 7 jours (selon le montant) à 8 ans, et le taux d'intérêt reste fixe pendant toute cette durée. En principe, un dépôt n'est pas liquide. Les fonds ne peuvent être repris avant terme que dans des cas exceptionnels.
Le taux d'intérêt est fonction des taux du marché et augmente en principe avec la durée (plus la durée du placement est longue, plus l'intérêt est élevé) et avec le montant placé (plus le montant est élevé, plus l'intérêt est élevé).
Commercial paper et produits structurés : à la portée des PME aussi
Les instruments tels que le 'commercial paper' et les 'structured products' sont moins connus (voir information complémentaire dans le cadre « Voyez aussi »).
Ces produits aident à optimaliser le placement des excédents de trésorerie. Par ailleurs, ils peuvent intervenir dans la gestion du risque global de l'entreprise.
Le fait que les PME sont peu nombreuses à utiliser ces instruments et s'en tiennent au dépôt à terme est en partie dû à un manque de connaissance quant à leurs possibilités, et sans doute également à un certain conservatisme.
Il est faux de croire que ces instruments sont réservés aux grandes entreprises et aux investisseurs institutionnels parce qu'ils possèdent le 'know how' et les moyens nécessaires.
Les PME peuvent s'appuyer sur l'expertise de leur banquier, notamment pour réaliser les analyses de risque.
Saine gestion d'excédents de caisse : trois règles d'or
- Evaluer les risques : si le risque est le revers d'un meilleur rendement, le trésorier doit avoir pleinement conscience des risques courus. La banque agit avec une extrême circonspection et est très sélective dans le papier qu'elle écoule sur le marché, mais elle ne le garantit pas.
- Ne pas spéculer.
- Veiller à ce qu'il reste suffisamment de liquidités.
Celui qui respecte ces principes peut recourir à une saine composition d'instruments propre à optimaliser le placement de ses excédents de trésorerie et, en même temps, couvrir ses risques dans une certaine mesure.
Prévoir des objectifs pour la gestion des excédents de caisse
La composition de cette combinaison dépend des objectifs fixés par la direction de l'entreprise. Si la liquidité par exemple joue un rôle important, le choix peut se porter sur les certificats de trésorerie. En effet, ils sont faciles à vendre et l'avantage de la liquidité peut contrebalancer leur rendement inférieur. Le commercial paper est lui aussi plus liquide que le traditionnel dépôt à terme. Mais qui dit rendement plus élevé dit aussi risque plus élevé.
Les produits structurés présentent l'avantage de pouvoir s'intégrer dans la gestion des risques de l'entreprise. Un produit structuré est toujours lié à une valeur sous-jacente telle qu'un cours de change, un taux d'intérêt ou un cours de matière première... Et s'il est vrai qu'il offre une garantie de capital, l'intérêt quant à lui n'est pas certain.
Pour couvrir ce risque de taux, l'entreprise peut acheter une option sur une valeur sous-jacente. Ainsi le trésorier peut-il couvrir l'entreprise contre certains risques de marché. En achetant par exemple un produit structuré couplé au dollar, l'entreprise peut se couvrir contre le risque de change. L'importance de cette 'assurance' peut être plus grande que la perte d'intérêts potentielle.
Il est judicieux qu'un produit structuré ait un rapport avec l'activité de l'entreprise. Si tel n'est pas le cas, l'achat de ce genre de produits relève rapidement de la spéculation. C'est ainsi qu'une société de transport peut envisager d'acheter un produit structuré lié à l'évolution des prix du pétrole, mais l'achat par une entreprise de nettoyage, d'un produit lié au cours du dollar tient davantage de la spéculation.